Les astreintes (tiré de fo metaux)
Récemment chamboulé par la loi et la jurisprudence aussi bien internes qu'européennes, le régime de l'astreinte mérite qu'on s'y attarde. Qu'est ce que l'astreinte ? Comment est elle payée ? FO METAUX vous informe.
Qu'est ce que c'est ?
L'astreinte est " une période pendant laquelle le salarié, sans être à la disposition permanente et immédiate de l'employeur, a l'obligation de demeurer à son domicile ou à proximité afin d'être en mesure d'intervenir pour effectuer un travail au service de l'entreprise [...] " (art. L.212-4 bis du Code du travail).
Comment est-elle payée ?
Il faut distinguer deux choses :
- Le temps passé en astreinte n'est pas considéré comme du temps de travail effectif, et n'est donc pas payé au taux horaire du salarié. En revanche, la loi dispose que le temps d'astreinte doit obligatoirement donner lieu à une compensation, qu'elle soit financière ou en repos.
- Le temps d'intervention est du temps de travail effectif et doit être rémunéré comme tel, y compris, le cas échéant, assorti des majorations pour heures supplémentaires.
Qui fixe la contrepartie du temps passé en astreinte ?
Par priorité, les contreparties sont négociées et fixées par accord collectif. A défaut d'accord, l'employeur peut tout de même recourir aux astreintes. Il doit alors consulter les représentants du personnel, et, à cette occasion, indiquer les contreparties auxquelles les astreintes donnent lieu.
Est ce que je suis obligé de faire les astreintes alors que ce n'est pas prévu dans mon contrat de travail ?
Oui, aucune clause contractuelle n'est obligatoire. De même, lorsqu'un accord collectif définit un régime d'astreinte, la décision de l'employeur de le mettre en uvre s'impose au salarié et ne constitue pas une modification de son contrat de travail (Cass. Soc. 16/12/1998, n°96-42.102).
Doit on forcément rester à son domicile lorsque l'on est en astreinte ?
Tout dépend du régime mis en place, mais l'astreinte peut également être effectuée " à proximité " du domicile. L'essentiel est d'être joignable et de pouvoir rejoindre l'entreprise dans un temps qu'il conviendra de déterminer selon la nature de l'activité concernée.
Il y a également astreinte si le salarié doit rester à son domicile qui se trouve dans l'enceinte même de l'entreprise (exemple d'un gardien d'usine dont le logement de fonction est situé dans l'entreprise).
En revanche, le salarié qui doit rester dans un local de l'entreprise qui n'est pas son domicile n'est pas en astreinte mais en situation de travail effectif (ce sont des permanences et non des astreintes, même si le salarié n'est susceptible d'être dérangé qu'en cas d'urgence).
Est ce que le temps de déplacement pour rejoindre l'entreprise en cas d'appel est considéré comme du temps de travail ?
Selon l'article L.212-4 al.4 du Code du travail introduit par la loi du 18 janvier 2005: " le temps de déplacement professionnel pour se rendre sur le lieu de travail n'est pas un temps de travail effectif ". Avant cette loi, la Cour de cassation avait décidé que le temps de déplacement en cas d'appel en période d'astreinte était du temps de travail effectif (Cass. Soc. 10/03/2004, n°01-46.367). Aujourd'hui, il existe donc une incertitude sur les règles applicables au temps de trajet. Il est donc conseillé de régler ce point par accord : prévoir que le temps de trajet est un temps de travail effectif, ou le versement d'une indemnité kilométrique par exemple.
Combien d'astreintes peut on faire au maximum dans la semaine ?
La loi ne pose pas de limite. Il est donc important d'en fixer dans l'accord sur les astreintes. Quoiqu'il en soit, la loi dispose que le salarié doit être informé des astreintes qu'il doit effectuer au moins 15 jours à l'avance, sauf circonstances exceptionnelles dans lesquelles le délai de prévenance ne peut pas être inférieur à un jour franc (exemple : information au minimum le lundi pour le mercredi, le mardi étant le jour franc).
Est ce que les d'astreinte peuvent être accolées à des journées de travail ou faut-il un temps de repos entre les deux ?
Depuis la loi du 18 janvier 2005, la période d'astreinte, hors intervention, est intégrée dans les durées de repos quotidien et hebdomadaire.
Par conséquent, plusieurs cas peuvent se présenter :
- le salarié en astreinte n'est pas appelé : la durée d'astreinte compte pour un temps de repos (la contrepartie est quand même due) ;
- le salarié est appelé pour une intervention sans caractère d'urgence : la période de repos quotidien ou hebdomadaire de 11 ou 24 heures doit être donnée intégralement à la fin de l'intervention, sauf si le salarié a déjà bénéficié du temps de repos légal intégral avant son intervention ;
- si le salarié est appelé en cas de danger pour les biens ou les personnes, le temps de repos peut être suspendu et n'a pas à être redonné intégralement à la fin de l'intervention.
Ex : fin du poste de travail le lundi à 17h. Astreinte du lundi 23h au mardi 6h du matin. Le salarié reprend son travail le mardi à 9h.
S'il n'est pas appelé : les 9 heures de repos sont respectées. S'il est appelé à 2h du matin pour la réparation d'une machine sans urgence (pas de risque d'accident...), il doit bénéficier d'un repos de 11 heures partant à partir de la fin de l'intervention (ex : de 3h à 14h le mardi).
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